14 octobre 2020

SOS mes petits-enfants grandissent ! Trucs et astuces d’un “Papi” en évolution.

Par Coralie

Pour ce troisième rendez-vous, c’est Philippe qui se prête au jeu de l’interview. C’est l’évolution des relations personnelles entre un grand-père et ses petits-enfants que nous allons aborder.

De nombreux témoignages et statistiques le prouvent: le rôle des grands-parents est en constante évolution depuis cinquante ans. Les premiers portraits réalisés le prouvent (si vous n’avez pas encore lu les autres interviews, je vous propose de parcourir cette rubrique).

Mais aujourd’hui, nous allons découvrir l’art d’adapter son accompagnement au fur et à mesure que les petits-enfants grandissent.

Philippo est le “Papi” de trois petits-enfants; dix années séparent la naissance du premier et l’arrivée de la petite dernière. Et quand on a 13 ans ou 3 ans, les attentes des petits-enfants sont bien différentes

S’adapter à l‘environnement, accepter les changements… Depuis son enfance, Phillippo ou Philippe, c’est selon les personnes, fils d’immigrés italiens, a appris à évoluer selon les situations.

Je suis heureuse de vous retrouver, en compagnie de ce Papi, pour un nouveau portrait qui nous fera osciller entre évolution et transmission.

 

En avant marche, les yeux dans les yeux avec vos petits protégés !

Sans hésiter une seconde, Philippe me partage : “Moi, ce que j’adore faire avec mes petits-enfants, c’est aller marcher ! C’est la relation qui s’établit au long du parcours, seul à seul qui me plaît beaucoup. La région regorge de très jolis lieux qui nous invitent à la balade. Je profite aussi des circuits Ravel qui sont à proximité. Cela me permet de faire un peu de sport, mais surtout de partager le plaisir de marcher, de discuter”.

Il faut préciser qu’en Belgique, nous disposons d’un réseau d’itinéraires de plus de 1300 kilomètres adaptés aux piétons, cyclistes, cavaliers, personnes à mobilité réduites, le Ravel. J’ai découvert en réalisant cet article qu’il existe également des itinéraires internationaux “lesEuroVEloroutes”. Découvrez, toutes les informations, sur le lien Walloniebelgiquetourisme, à garder au chaud le jour où on pourra profiter sereinement du grand air 😉

Philippo nous précise : “Il y a toujours quelque chose à apprendre ou à transmettre sur les parcours : “Nous découvrons la nature, les espèces d’arbres, les insectes…”

Avec son plus grand petit-fils, qui a 13 ans, les balades se font plus rares :“Plus les petits-enfants grandissent, plus ils nous échappent”. Les besoins évoluent, les centres d’intérêts aussi. Philippe essaie de rester au fait ldes nouvelles passions de son petit-fils. Et certaines sont communes “Il y a bien évidemment le foot, mais aussi ses découvertes en mouvement de jeunesse”, ce qui aide à prolonger les liens. Il propose également de l’aide aux devoirs, mais reste “prudent” ; “On peut vite franchir la ligne et devenir le grand-père ennuyeux :-)” ! En effet, à l’adolescence, les petits-enfants ont besoin de plus en plus d’indépendance et d’autonomie. L’équilibre est parfois plus difficile à trouver entre le trop ou le trop peu, ce qui intéresse ou non…Les centres d’intérêts se muent, mais selon Philippe, c’est quelque chose de nouveau qui peut débuter : “Une relation d’adulte à adulte peut commencer à se construire et parfois, c’est autour de l’allumage d’un bon barbecue !”

 

Et dans cette évolution, avec les petits-enfants qui grandissent, comment transmettre le patrimoine culturel ?

Avant de poursuivre, je vais vous raconter un petit fait curieux, mais sympathique. Cela m’arrivait à chaque fois que j’allais chez mon commerçant de pâtes fraiches. Son bonjour habituel était toujours suivi d’un “Ca va et la famille ?“. Au début, je trouvais cela étrange car il ne la connaissait pas 😉 Je m’amusais souvent au retour à dire à Séb, mon époux, le marchand de pâtes m’a demandé de tes nouvelles…A quoi il me répondait : “Mais je ne le connais pas !” Quoi qu’il en soit, en plus de faire des pâtes, à tomber par terre, (pour rester polie, mais ce n’était pas la formule de mon Pépère), il prenait à chaque visite des nouvelles de mes essentiels

Et cet attachement à la famille, je l’ai retrouvé assez souvent dans mes connaissances d’origines italiennes. En fait, je pense qu’il fait partie du “Patrimoine culturel”. Phillipo, confirme mon hypothèse en partie : “On se voit beaucoup en famille, on partage beaucoup les fêtes”.(Si vous aimez l’Italie, découvrez le témoignage d’Isabella ici)

Il crée aussi de petites routines pour décupler ces moments partagés : Je vais souvent au marché dans une ville proche de chez une de mes filles, le week-end, et j’en profite pour repasser chez eux !”

Mais il a aussi une “arme secrète” : son bouillon ! “Quand je fais un bouillon, tout le monde rapplique !(NDB* : je pense que je vais lancer une rubrique “Soupes” vu tous les témoignages reçus par toutes les générations à ce sujet :-))

Bref, il crée des occasions, pour profiter de ces moments de ressourcement, qui quand on est un enfant de l’immigration peuvent manquer.

 

Compréhension d’une réalité que je n’avais pas perçue.

J’ai grandi au milieu des terrils, qui ont amené dans ma région, des personnes d’origines différentes. Même après plusieurs générations, ces personnes éprouvent souvent l‘amour pour deux pays.

Celui qu’elles-mêmes ou leurs ascendants avaient dû quitter et le pays qui les a accueillies. J’ai été bercée entre les traditions de “MamY“, française, qui mangeait le fromage après le repas, et “Pépère“, flamand, qui trempait son Camembert dans sa tasse de café ! (Pour garder en vie mes lecteurs italiens, j’ai volontairement écarté l’exemple de notre recette des pâtes que nous envisagions plus comme un dessert qu’un plat consistant ;-))

Malgré que mes grands-parents venaient tous les deux “d’ailleurs”, j’ai grandi auprès d’eux. Aujourd’hui, ma grand-mère est éloignée, mais les conversations et les visites sont fréquentes. Il m’a fallu cet échange avec Philippe, pour pouvoir mesurer à quel point, certains moments avec les “grands-parents restés au pays” ont manqué.

“J’étais orphelin de grands-parents. Tu ne peux pas savoir à quel point, j’étais frustré le mercredi à midi. Les copains rentraient chez leurs grands-parents et en plus pour manger des frites !”.

Philippo, voyait occasionnellement ses aïeux, lors de certaines vacances d’été. Vu que son papa travaillait à la mine, ils avaient une réduction sur le voyage en train. “On l’appelait le train des Italiens. Nous nous arrêtions dans de nombreuses gares, le trajet complet durait 42 heures. On avait à boire, à manger, et de la monnaie, pour payer le prix juste du café pour éviter que le vendeur à quai, prétexte le départ du train pour ne pas savoir nous rendre la monnaie. Les réservations n’étaient pas possibles, l’ambiance y était soit fantastique, soit épique.”

(Envie de lire le chemin des retrouvailles d’un grand-père vers ses petits-enfants, cliquez ici)

Après ce long voyage, Philippo savourait des épisodes avec la famille et surtout des moments d’affection avec son grand-père : “Il était rémouleur, on partait à pieds avec son vélo qui était son outil de travail. On allait de portes en portes, jusqu’à un parc où il y avait des jeux pour enfants. Plus tard, on y rejoignait un groupe de personnes, assises en demi-cercle. Les gens y racontaient leurs souvenirs de guerre, leurs histoires. La relation avec mon grand-père avait évolué…qu’est-ce que j’adorais cette période”.

Grâce au témoignage de Philippe, j’ai compris quelque chose, et même si cela dérangera certains lecteurs, n’oublions pas que nous sommes sur “Faut pas pousser MamY”.

Tous les jours, pour des raisons différentes, des milliers de personnes prennent la route et quittent leurs pays…si j’avais mesuré qu’un pays manquerait à ces gens, je n’avais pas jaugé que pour certains enfants, ce sera des grands-parents qui seront “indisponibles”. A l’heure où l’on parle de grands-parents de coeur, je vais me renseigner sur les expériences existantes à ce sujet.

 

Finalement, j’ai hésité longtemps entre vous partager la recette du bouillon de Philippe ou un autre conseil 😉

J’ai choisi de garder, l‘importance d’évoluer avec ses petits-enfants pour entretenir les liens.

J’espère que vous avez passé un bon moment en notre compagnie. Si c’est le cas, je serai très heureuse de le lire dans vos réations et commentaires, ci-dessous.

Si ce n’est pas le cas, laissez un commentaire aussi ! Ca peut-être m’améliorer mais je ne promets rien 🙂

La semaine prochaine, c’est avec un autre portrait que nous nous retrouverons.

D’ici là, peu importe votre âge, transmettez !

Merci à  Philippe, pour son témoignage et à vous pour votre lecture.

 

Coralie

 

Qui est le “Papi du jour”

Prénom : Philippe qui habite la région de Bernissart

Ses petits-enfants : Néo (13 ans), Timéo (6 ans) et Lilou (3 ans).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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