4 novembre 2020

Comment un papy et son petit-fils nous offrent une note positive pendant le confinement ?En avant la musique !

Par Coralie

Vous avez, peut-être, vu cette vidéo qui déménage pendant le premier confinement. Un grand-père et son petit-fils jouent de la musique en duplex, ils interprètent un des plus célèbres morceaux de KISS.

Personnellement, j’ai fondu devant cette reprise de “I was made for loving You”!  Et apparemment, je ne suis pas la seule. Effectivement, en cette fin d’octobre, la vidéo du duo atteint presque les 1000 vues sur Youtube et plus de 250 000 vues sur Facebook ! Et leur notoriété ne s’arrête pas là; plusieurs journalistes leur ont accordé des interviews, ils ont participé à l’émission belge, produite  par RTL-TVI : “Belges à domicile”…

J’ai une très bonne nouvelle! J’ai retrouvé Raphaël, ce grand-père musicien professionnel. Il a accepté de  livrer son témoignage  à “Faut pas pousser MamY. Il est également le grand-père de trois autres petits-enfants. De ce fait, depuis plus de dix ans, il a l’opportunité de partager un festival de moments heureux avec eux.

Je vous offre, aujourd’hui, une véritable échappée sans demi-ton ! Merci de me rejoindre de plus en plus nombreux!

La musique rythme sa vie depuis l’enfance.

L’apprentissage de son instrument a commencé vers 6-7ans. Cependant, la musique a toujours fait partie de son univers. D’ailleurs, son grand-père, musicien, était également éditeur de musique et possédait son propre commerce. Il se souvient “des moments passés dans son magasin de violons situé à Anvers. J’étais au milieu des instruments et mon grand-père recevait d’autres musiciens. Pour les fêtes familiales, avec les cousins et les parents, nous répétions des morceaux en vue d’un petit concert familial, parfois c’était du classique, parfois de la chansonnette.”

Après des études au Conservatoire et d’ingénieur du son, il enseigne à l’Académie de Musique d’Ath. Cet engagement professoral est ponctué par de nombreuses prestations en tant qu’ Hautboïste (joueur de Hautbois) : figure de l’émission les “Jeunes solistes”, artiste international avec notamment une tournée au Japon, compositeur... De galas, en concerts aux accompagnements de vedettes, il compose sa propre partition. Retraité de la Direction de l’Académie, il continue ses représentations et la composition.

Mais comment partage-t-on la musique avec ses petits-enfants quand c’est une telle passion?

Raphaël me précise : “Je partage aussi une foule d’autres choses, nous passons beaucoup de temps ensemble. Mais pour tous les enfants, avant les apprentissages liés à la musique, il y a l’importance d’être baigné dedans. Dès tout-petit, l’enfant réagit à la musique : il peut être bercé au son d’une chanson, on lui apprend les comptines et si nous sommes un peu musicien, nous pouvons l’accompagner de notre instrument quand il chante. Les jeunes enfants aiment, particulièrement, frapper les rythmes. C’est encore plus chouette quand il y a quelque chose sur quoi frapper! Le chant est également très important : on apprend, on répète et on chante ensemble. Les fêtes et chants de fin d’année se prêtent particulièrement bien à cet exercice. On fait un petit enregistrement que l’on envoie aux parents. Il faut travailler au départ des capacités de chacun, ma petite-fille, par exemple, chante extrêmement bien. Elle commence même à écrire ses premiers textes qu’elle interprète.”

Et dans cette vie réglée un peu comme du papier à musique, il y a, malheureusement, l’apparition de la pandémie.

Un Bémol : le confinement retentit !

Pour cet artiste, plusieurs sphères de sa vie sont touchées : “Il y a l’annulation des prestations, la diminution des contacts sociaux, le manque du public.” Mais aussi, toutes les mesures de distanciation même avec la famille : “Comme nous respections les recommandations, nous avons été privés de voir les petits-enfants avec cette peur de transmettre le virus. Je ne m’étais pas préparé à cela. Je n’avais pas pensé que cela durerait aussi longtemps.”

En cette période morose, Raphaël décide d’être optimiste et d’apporter une note positive. Il contacte des copains : “J’ai un petit public qui me suit sur Internet. Pourquoi ne pas garder contact, partager quelque chose de positif ? J’ai commencé à réaliser des vidéos.  Avec Gilles, mon petit-fils, j’ai proposé l’idée aux parents et ils ont accepté.”

Concrètement, cela demande un peu plus de travail que ce que vous voyez à l’écran. (Tiens, tiens, Raphaël nous partageons ce constat). Il précise : “Gilles a choisi le titre. J’ai, dans un premier temps, joué le morceau seul et me suis enregistré. J’ai envoyé aux parents de Gilles et il m’a accompagné sur cet enregistrement. Après, il a fallu mixer le tout. Malheureusement, il est difficile de jouer ensemble via la tablette. Il y a toujours une certaine latence. Un peu comme, quand nous nous parlons, il y a quelques secondes d’écart entre la transmission et la réception.”

Ce que vous avez découvert avec Gilles, c’est un peu la pointe de l’iceberg. Et dans ces moments, où les discussions sur un reconfinement possible sont d’actualité (interview réalisée juste avant), Raphaël me partage : “Les petits-enfants permettent aussi d’entretenir le moral, la santé mentale. A 69 ans, je sais que les choses ne sont pas éternelles, mais en tant que grand-parent, je suis heureux quand je peux jouer avec mes petits-enfants, quand ils sont joyeux. J’apprécie également quand je vois qu’ils se régalent d’un repas que nous leur avons préparé. J’affectionne les entendre dire qu’ils aiment passer du temps chez nous, même si parfois quand ils repartent, nous sommes sur les rotules”. 🙂

C’est comme cela que se termine ma discussion avec Raphaël, mais j’aimerais vous proposer une courte réflexion.

Les grands-parents ont-ils un rôle Culturel à jouer ?

J’ai lu, récemment, dans un article que les grands-parents avaient un rôle essentiel à jouer pour faire découvrir la Culture aux petits-enfants. C’est vrai que souvent, les grands-parents ont une longueur d’avance sur leurs enfants : le temps à partager! Alors que ce soit, pour un mercredi après-midi au Musée, le concert de la Fanfare du village, une soirée cinéma avec son “ado”, aller pour la première fois au théâtre, faire écouter des rythmes qui ont marqué notre jeunesse,…Les grands-parents ont selon moi, 1001 façons d’éveiller à la Culture.

A l’heure où un second confinement frappe la Belgique, et d’autres pays, pourquoi ne pas lancer des discussions sur nos coups de coeurs artistiques ? Qu’ils soient d’hier et aujourd’hui, qu’est-ce qui nous fait vibrer et les autres générations ? Par exemple, je reçois, avec plaisir, des images de MamY qui danse sur des tubes actuels. Mais de temps en temps, nous prenons aussi le temps d’écouter, à distance, ensemble du Tino Rossi. Car c’est aussi cela qu’elle m’a transmis, quand nous cuisinions avec sa soeur et écoutions, chantions “Marinella” plus fort que la radio. J’en déduis donc que les enfants et petits-enfants ont donc aussi un rôle à jouer 😉

La suggestion que mon portrait m’inspire, aujourd’hui, est donc: “Partageons la Culture”.

Je remercie Raphaël pour cette discussion  et je lui souhaite de retrouver, le plus rapidement possible, l’harmonie qu’il connaissait avant l’épidémie.

Demain, les artistes auront besoin de nous.

Et comme dans cette période un peu spéciale, il est bon de rêver à demain, aux jours meilleurs, de se projeter positivement, pourquoi ne pas choisir la prochaine sortie culturelle que vous réaliserez tous ensemble, quand tout cela sera derrière nous ?

Il ne “Faut pas pousser Mamy”, c’est bien vers la Culture de proximité, celle qui fait partie de notre histoire et qui comme les grands-parents : “saupoudre sur notre monde des poussières d’étoiles”, qu’il faudra soutenir en priorité. C’est les petites troupes, les musées régionaux, le folklore local, les centres culturels, les cirques, les festivals régionaux, les cinémas familiaux ….qui auront besoin de toutes les générations pour se relever. Alors vous, comment envisagez-vous ce demain culturel ? Je suis curieuse de découvrir vos idées dans les commentaires.

Je vous remercie pour vos avis et votre lecture.

Nous nous retrouvons la semaine prochaine en compagnie d’un autre grand-parent !

A bientôt,

Coralie

 

Qui est mon portrait ?

Raphaël habite la région d’Ath

Petit nom de grand-père : “PapY” avec le “Y” comme ma “MamY“, chouette c’est le premier “papy” que je rencontre 😉

Ses petits-enfants : Eva (10 ans), Chloé (6 ans), Gilles (6 ans) et Jacques (3 ans).

 

 

 

 

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