grands-parents à l'étranger corona
21 mars 2021

Quand le Corona continue à séparer des grands-parents des petits-enfants.

Par Coralie

Armindo et Palmira sont portugais, ils habitent la région de Trofa, dans le nord du Portugal. Depuis quelques années, leurs fils a construit sa vie en Belgique. Ils sont, aujourd’hui grands-parents.

Avant le Corona, cette famille réalisait de nombreux séjours dans l’un ou l’autre pays. Les normes sanitaires actuelles, ne permettent plus ces voyages.

Ils nous expliquent, dans cette interview, les difficultés d’être un grand-parent à l’étranger, mais aussi ce qu’ils vivent à des centaines de kilomètres.

Une région de bons vivants !

Je n’ai jamais visité ce pays dit singulier qu’est le Portugal, mais les touristes qui ont eu cette opportunité, m’en disent toujours beaucoup de bien.

Lors de mon interview, une vingtaine de degrés nous séparent ! Avouez que rien que cela, à la sortie de l’hiver, ça fait rêver…

Armindo et Palmira, m’accueillent dans la région de Porto : “Ici, aujourd’hui, on a le soleil, il doit faire une vingtaine de degrés. Beaucoup de monde visite le sud du Portugal, mais au nord, c’est très joli et nous avons, aussi, très peu de pluie. De plus, ici, nous avons la réputation d’être une région de bons vivants ! Si vous aimez manger, profiter des terrasses et de jolis paysages, vous êtes dans la bonne région ! Sans oublier, évidemment, nos vins ! Et en plus, ce n’est pas cher !”

grand-parent portugual témoignage

A la plage au Portugal photo de Maïté Matloka

Mais suite à cette description, on se demande comment leurs fils a pu quitter cette région ? Le couple m’explique : “Les Portugais, il y en a un peu partout dans le monde. Souvent, quand ils quittent le pays, c’est pour des raisons économiques. Ils vont chercher un travail mieux rémunéré à l’étranger. Pour notre fils, c’est différent. C’est par amour ! Il a rencontré une Belge en Espagne ! Et quelques mois après, il a décidé de la rejoindre. C’est notre fils unique, pour ma femme et moi cette décision a été difficile. Nous avons une grande maison, et nous avons ressenti un peu de solitude. Mais c’était sa décision et en tant que parents, nous devions la respecter. Nous connaissions peu la Belgique, mais nous avons appris à la connaître !

Des allers-retours fréquents entre les deux pays.

Grand-mère portugal

Le temps des vacances en famille.

Et c’est tout naturellement que la famille a instauré des rituels de séjours : “Depuis 11 ans, nous venons souvent. D’office pour mon anniversaire, celui de mon épouse, celui du petit. Les enfants reviennent aussi pour les vacances d’été et pour les fêtes de fin d’année. Habituellement, nous nous voyons plus ou moins six fois par an. Nous découvrons la Belgique : Mons, Liège, Bruxelles la capitale, Waterloo, …Mais depuis la crise sanitaire, tout cela a bien changé. Nous avons vu les enfants, pour la dernière fois, en février 2020.

Et comme ce n’est plus possible de voyager actuellement, ils maintiennent le contact grâce aux nouvelles technologies.

Avez-vous lu le témoignage de Benoît ? Les petits-enfants de ce grand-père belge résident en Espagne, découvrez son portrait dans mon article : “Grands-parents à distance, le chemin des retrouvailles”.

Les technologies aident mais ne remplacent pas.

Les grands-parents insistent sur un point, avec les petits-enfants, le contact physique est primordial : “Notre petit-fils est encore petit, il n’a que 4 ans. Alors même si nous faisons des visioconférences plusieurs fois par semaine, pour un enfant de cet âge, c’est difficile. Nous recevons beaucoup de photos et de vidéos. Habituellement, quand nous sommes ensemble le contact s’établit très facilement, sa journée d’école avec les copains, une petite tape dans le dos, papi et mamie sont là…nous sommes des gens du sud et le contact physique a toujours été important. Mais ce que je trouve particulièrement difficile, c’est que notre fils s’est lancé dans un grand projet, cette année, la construction de la maison familiale. Il me contacte souvent, pour en parler, partager nos avis…mais réellement, ce que je voudrais, c’est être près de lui dans la maison, l’aider à avancer en travaillant de mes mains. L’aider concrètement, bricoler sur le chantier, et cela n’est pas possible…et pourtant si je pouvais, tous les mois que je viendrais ! Je me rends compte que c’est une sacrée année pour lui, pour eux !”

Dans la transmission de la culture, aussi, ces visites espacées ont des répercussions : “Il est beaucoup plus facile de transmettre notre culture au petit quand il est au pays. Par exemple, la réalisation de certains plats comme les “Rissois”. Palmira, qui sait que son petit-fils est un petit mangeur, apprécie lui préparer cette sorte de tapas portugais. Ces croquettes frites, fourrées à la viande, mais aussi au Bacalhau, ces gourmandises typiques. Armindo, me glisse, que plus simplement le goût des fruits et des olives est incomparable. Pour la langue, aussi, c’est beaucoup plus facile : quand on est chez Avo et Avô, on parle d’office portugais !”

Des retrouvailles attendues.

Alors comme vous vous en doutez, des deux côtés les retrouvailles sont attendues. Et Armindo a déjà une idée bien précise : “Nous sommes impatients de visiter la maison de nos enfants, car maintenant, en Belgique nous avons aussi une fille ! Nous nons réjouirons de retrouver le petit et d’être ensemble. Enfin, j’espère surtout pouvoir venir pour réaliser la décoration de notre chambre ! J’ai déjà décidé, je vais la peindre en vert et rouge les couleurs du drapeau portugais ! “

C’est sur cette note d’humour que je quitte mes portraits. Je remercie Palmira et Armindo pour cette interview en français !

Un objectif auquel je ne m’attendais pas.

En débutant ce défi des 52 portraits, il y a presque 6 mois, je ne pensais pas que nous serions, encore plusieurs mois, touchés par le Corona. Plusieurs d’entres vous, m’ont partagé la difficulté d’être éloignés de leurs petits-enfants ou de leurs grands-parents. Si au départ, cela n’était pas un objectif de “Faut pas pousser Mamy”, le fait de pouvoir écrire quelque part ces ressentis me rassure. Car même si ce site, se veut optimiste, il ne veut pas, occulter certains éléments difficiles.

Le fait de garder ces traces me fait penser que quand le temps sera venu de remettre de la couleur un peu partout, nous pourrons nous aider de ces témoignages pour choisir nos coloris !

Pour conclure, je remercie cette fameuse belge qui a conquis le coeur d’un portugais….Maïté, Vitor, merci de votre coup de pouce pour rendre possible cette interview. Vous avez, de ce fait, compris qu’une seule couche de peinture de base est nécessaire dans la troisième chambre 😉

couple multi-culturel

Les amoureux multiculturels;-)

Je vous retrouve la semaine prochaine, pour un nouveau portrait lié à l’UNESCO. Je vous laisse la surprise et ne vous souffle pas un mot de plus !

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Merci

Coralie

 

 

 

 

 

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